Au milieu
des turbulences de l'Eglise, il avoue savoir encore se réjouir ! Nous avons une
réforme spirituelle à vivre avant tout, mais pas plus aujourd'hui qu'une autre
fois, affirme ce jeune pasteur vaudois. Il prend la plume.
Par
Dimitri Juvet
Je suis un
pasteur tout neuf. Il y a seulement quelques années, j'étais encore, avec mes
collègues d'étude de théologie, dans le bureau du pasteur Pierre Glardon (lire
ci-dessous) pour envisager les démarches qui nous conduiraient au ministère
pastoral. « Nous avons besoin de ministres solides ! » C'est ce qu'il a
commencé par nous dire.
Solides,
nous l'avons été, pour passer successivement les étapes du Master en théologie,
des examens d'entrée en stage, du stage et de son évaluation, et enfin des
examens de consécration.
Aujourd'hui,
le message de Pierre Glardon est le même : nous sommes en crise, et nous
devons, en église, devenir solides : dans le domaine de la formation, sur des
questions d'identité et d'éthique et dans notre vie spirituelle.
Un débat qui
doit avoir lieu
Je suis un
pasteur tout neuf, et au milieu des turbulences de notre église, je sais encore
me réjouir ! Je me réjouis que le débat soit lancé. Nos responsables d'église
ont choisi d'offrir deux livres qui parlent de la crise de notre église à tous
les ministres ; ils sont donc prêts, humblement, à reconnaître que nous devons
changer. Ils sont prêts à lancer un débat qui doit avoir lieu.
Je fais
partie de cette jeune équipe qui lors de la préparation du culte de
consécration a choisi d'une seule voix (indépendamment de nos « couleurs »
théologiques) de faire dire à toute l'assemblée le Symbole des Apôtres, parce
que nous trouvons ce texte ancien plus ouvert qu'une confession de foi inventée
par un individu.
Je suis un
pasteur tout neuf. Un des premiers de la fameuse génération « Y ». Je fais
partie de cette jeune équipe qui lors de la préparation du culte de
consécration a choisi d'une seule voix (indépendamment de nos « couleurs »
théologiques) de faire dire à toute l'assemblée le Symbole des Apôtres, parce
que nous trouvons ce texte ancien plus ouvert qu'une confession de foi inventée
par un individu. Je suis de la génération qui trouve que « mai 68 » n'a pas
apporté que des belles choses, et qu'on en a assez. Je suis de la génération
qui n'a pas besoin de plus de liberté, mais de plus de charpente et de
communion pour gérer ensemble et de manière responsable toute cette liberté.
Quand je
discute avec mes autres collègues tout neufs, notre position est unanime : nous
voulons être actifs dans les changements. Nous sommes au courant de la
situation. Nous savons que notre église va changer de visage. Nous nous
réjouissons des années passionnantes de changements qui sont devant nous. Nous
voulons en être, nous avons été appelés pour en être. Et avec la large
distribution de Turbulences je vois un signe que c'est parti.
On
critique ce bouquin, on le dit sous-scientifique. On le dit rétro. On le dit
moralisant. Au final, qu'importe ! Il remue, il fait réagir, il fait parler. Et
j'espère que les réactions, trop personnelles et défensives aujourd'hui, se
transformeront en actions communes et ecclésiales.
Sortir des
cachettes
Je suis un
pasteur tout neuf, et je suis plein d'espoir pour notre église. Dans les
prochaines années, nous allons être obligés de sortir de nos cachettes pour
dire mieux qui nous sommes. Nous allons être obligés de cesser de confondre
unité et uniformité pour mieux connaître et reconnaître les qualités des
courants pluriels qui traversent notre Eglise – force de notre Eglise pluraliste
et réformée –, et les proposer tels qu'ils sont à la population.
Enfin,
nous allons être obligés au travers des changements que nous allons traverser,
de fixer nos regards sur le Christ et de nous laisser transformer avant tout
par sa Parole et son Esprit en nous et entre nous. Oui, nous avons une réforme
spirituelle à vivre avant tout. Mais pas plus aujourd'hui qu'une autre fois.
C'est notre cheminement chrétien de grandir spirituellement. On y gagne en
clarté, en rayonnement, en sagesse, en amour, en capacité d'espérer. Pourquoi
dénigrer ces propositions-ci de Turbulences? Il s'agit pourtant des fruits de
la grâce, à prendre au sérieux, avec plaisir ! L'avions-nous réellement
oublié ?
Une
réforme spirituelle brutale ou en douceur, aujourd'hui ou demain? Tout est
entre nos mains et celles de Dieu. A nous de rester attentifs à ce qui se
passe, aux signes qui viennent de nos responsables d'église comme de ceux qui
viennent de nos villes, villages et paroisses; aux signes que Dieu fait bouger
son Eglise. Attentifs et prêts à agir, chacun où il se trouve.
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