Depuis que
Barack Obama a annoncé son projet de rendre la couverture des frais de
contraception obligatoire pour les compagnies d’assurance, le débat sur les
droits reproductifs de la femme a envahi les médias américains.
Par
Muriel Schmid, University of Utah
On parle
de guerre ouvertement déclarée contre les femmes et leurs libertés, d’attaques
sans précédent sur l’émancipation de la femme et de retour en arrière
inquiétant dans l’égalité entre homme et femme. Non seulement les femmes, mais
tout un pan de cette population américaine dite libérale se sent directement
concerné par les propos des évêques catholiques d’une part et ceux des
candidats à l’investiture républicaine d’autre part.
Dans le
climat politique actuel des États-Unis, nombreuses sont celles qui s’exclament
: « on croyait nos droits acquis ! Les générations de nos mères et grand-mères
n’ont-elles pas lutté pour nos libertés ? »
La légalisation de l’avortement aux États-Unis remonte à 1973 alors que
le droit individuel aux moyens de contraception était approuvé par la Cour
Suprême en 1972. Et voilà que les femmes américaines sont rappelées aujourd’hui
à la fragile réalité de leurs libertés : la politique de droite main dans la
main avec une certaine autorité religieuse dénonce soudainement ces droits qui
semblaient, hier encore, gagnés.
Le débat a
basculé avec Rick Santorum
Tout a
basculé lorsque Rick Santorum a déclaré à la fin du mois d’octobre dernier: «
Une chose dont je parlerai et dont aucun président n’a parlé auparavant, c’est
des dangers que la contraception représente pour notre pays… de nombreux
chrétiens ont décidé que c’était ok, mais ce n’est pas ok. C’est une invitation
à adopter un comportement sexuel contraire à ce qui doit être. »
Et puis,
très récemment, il y a eu les attaques virulentes du fameux journaliste de
droite, Rush Limbaugh, qui s’en est pris à une étudiante de Georgetown, Sandra
Fluke, alors qu’elle défendait la position d’Obama sur le droit à une
couverture des frais de contraception. Ses attaques étaient si dures qu’il a
été poussé par ses propres sponsors à s’excuser publiquement.
Le débat
sur la contraception a toujours été un débat emblématique de la lutte des
femmes pour leur émancipation. Habituellement cependant, lors des débats
politiques américains, l’avortement restait la pierre d’achoppement ;
aujourd’hui, le glissement sur la question de la contraception marque un
nouveau tournant.
Ce
tournant traduit, et c’est là ce qui est inquiétant, une tendance de plus en
plus marquée à vouloir affirmer une série de valeurs dites chrétiennes, sans
aucun regard critique et, par-là même de réinstaurer une société
fondamentalement dominée par les vieilles structures de pouvoir. Après les
femmes, à qui le tour ? ll est clair que les femmes noires américaines sont
doublement inquiètes de ce nouveau degré d’attaques venant de la droite
chrétienne.
Lors de ma
première visite à New York il y a bientôt 20 ans, j’avais découvert un magasin
qui vendait des t-shirts aux slogans les plus divers. Je me souviens d’y avoir
acheté un t-shirt qui portait l’avertissement suivant: « Don’t assume your
freedoms are assured » (ne croyez pas
que vos libertés soient garanties). Je l’ai longtemps porté et, pendant des
années, il m’a servi de t-shirt pour les grandes occasions, telles que la Gay
Pride à Manhattan ou autres manifs en faveur du droit des minorités.
Je l’avais
oublié depuis longtemps ; pourtant, aujourd’hui, à l’écoute des débats sur la
contraception, l’avortement et autres législations qui cherchent à limiter les
droits de certains citoyens ou citoyennes, je regrette mon vieux t-shirt ! En
même temps, je me dis qu’il ne serait plus vraiment d’actualité ; ne
faudrait-il pas mieux revenir en arrière là aussi et rappeler le fameux adage
de Martin Luther King Jr. : « where there is injustice for one, there is
injustice for all » (l’injustice contre un seul est une injustice contre tous).
Fonte: Protest Info.
A "direita cristã americana" é uma tristeza. No entanto, tristeza maior é ver o mesmo discurso adotado pela "esquerda católica brasileira". Talvez a tristeza seja causada pelo fato do adjetivo "cristãos" estar atrelado a estas injustiças.
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