quarta-feira, 23 de maio de 2012

Le christianisme est la religion de l'esprit, mais...


Por Laurent Gagnebin

Le christianisme est la religion de l'esprit, mais

il n’est pas pour autant un spiritualisme exsangue. L’adoration « en Esprit » (Jn 4,23-24) que proclame Jésus est inscrite dans un évangile entièrement dominé par le thème de l’incarnation : « La Parole a été faite chair et elle a habité parmi nous… » (Jn 1,14). Jésus ne fut pas un ectoplasme et nous ne sommes pas de purs esprits. On se rappelle ces mots prétendument trouvés dans une liturgie : « À la fin du culte, le pasteur se tient à la porte du temple et serre la main des âmes. »

  Le christianisme est la religion de l’Esprit, mais cela ne signifie pas qu’il faille sombrer dans une aliénation religieuse sacrifiant le corps à l’âme, le présent à la vie éternelle, la terre au ciel. Quand en 1902 W. Monod publie Sur la terre, un recueil de prédications dans la ligne d’un christianisme social, cela choque. Un pasteur ne se doit-il pas d’écrire plutôt un livre intitulé Vers le Ciel ? M. L. King affirmait : « La religion s’occupe à la fois du Ciel et de la terre […] Toute religion qui fait profession de s’occuper de l’âme des hommes sans s’occuper des taudis auxquels ils sont condamnés, des conditions économiques qui les étranglent et des conditions sociales qui les mutilent est une religion aussi stérile que la poussière. »

  Le christianisme est la religion de l’Esprit, mais les récits de la multiplication des pains, d’après les évangiles, ne sont pas une multiplication de paroles divines. À l’heure de l’offrande, nous ne récoltons pas des versets bibliques, mais, très matériel et concret, de l’argent. Le christianisme est à bien des égards à la fois un spiritualisme et un matérialisme. Une part de sa spécificité réside dans le fait qu’il n’est pas l’un ou l’autre, mais les deux.

 Descoberto em Évangile et Liberté.

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